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Oryx Quest - Un équilibre fragile

[ Jeudi 17 mars 2005, à 9h ]
 
Oryx Quest - Un équilibre fragile

DERNIÈRE MINUTE : réactions de Thomas Coville et de Jacques Vincent après le record de Bruno Peyron et d'Orange II sur le tour du monde en équipage sans escale… Jacques Vincent et Thomas Coville sont respectivement ancien équipier et préparateur de Bruno Peyron sur Commodore Explorer en 1993. Jacques Vincent était également à bord de Cheyenne l'an dernier. Les deux Français, actuellement en tête de l'Oryx Quest 2005 à bord du maxi catamaran Doha 2006 ont tenu à féliciter l'équipage d'Orange II.

Thomas Coville :

Surtout ne pas s'aventurer à vouloir comparer telle tentative à telle autre. Lorsque Bruno s est lancé dans cette conquête du Jules Verne en 1993, savoir s'il était possible de le faire était la seule question . Ils étaient cinq à bord et rien n'est semblable aujourd'hui. Ce qu'il faut garder sans doute c'est cette joie qui se dégageait de ce catamaran Commodore lorsqu'il est rentré au Pouliguen, cette fierté d'avoir accompli quelque chose d'unique qui restera dans les mémoires. Marquer son passage, transmettre une idée, donner ce que chacun a de meilleur c'est peut être l'essence de chaque trophée ou record . Bruno c'est sûr mais aussi avec toute son équipe ils auront une nouvelle fois marqué de leur sillage l'histoire de ce parcours ultime ! 50 jours ! Chapeau bas. Sans doute le résultat de l'expérience, la sagesse, la cohésion d'une superbe équipe conjugué avec la maîtrise de l'exploitation d'une météo exceptionnelle. Je ne serai pas là à l'arrivée pour saluer les nouveaux détenteurs, mais je peux imaginer aisément le sourire de chacun , cette même fierté qui les relie tous . Ne perdez rien de cet instant, il est magique, il n'appartient qu 'à vous ! Bravo les gars ...JB, Yann, Pepeche, Ludo, Roger, Seb, Bernard, Bruno, Ronan, ....

Les multiples questions sur l'avenir de ce record ou de la spirale du gigantisme des bateaux qu'il faut construire pour réussir seront pour plus tard .

Thom


Jacques Vincent :

A bord de Doha 2006, nous avons bien suivi le parcours d'Orange II en nous demandant si tôt ou tard ils glisseraient sur une peau de banane météorologique, ce fameux calme ou mieux, pétole, qui aurait permis à tout l'équipage un bon bain aussi divertissant que nécessaire après tant de jours en mer, et quelques jours bien mérités de "farniente". Mais leur route a été sans répit semble-t-il, et à l'heure actuelle, avec Damian, Brian et Fraser, mes coéquipiers sur Cheyenne l'an dernier, aujourd'hui avec moi à bord de Doha 2006 nous avons profité de nos dernières heures de champions . Cheyenne est définitivement un bateau d'un autre siècle. Notre record a été un miracle, aussi bien humain que "divin" (la météo n'étant pas une science). Celui d'Orange II ressemble à une conquête des temps modernes, la revanche de Golia


Communiqué d'origine :
Doha 2006 se trouve aujourd'hui à 250 milles dans l'ouest de la longitude de Cape Town, en Afrique du Sud. Hier, mardi, le maxi-catamaran a franchi le Méridien de Greenwich pour faire son retour parmi les longitudes Est. Il navigue actuellement le long du 45e parallèle pour contourner une dorsale anticyclonique qui lui barre la route vers Madagascar, prochaine étape du parcours. L'équilibre est fragile, car au nord, les vents sont faibles et instables, et au sud, le bateau risque de croiser des icebergs. "La température de l'eau cette nuit oscillait entre 10 et 6°C, explique Brian Thompson dans son carnet de bord. Nous approchons rapidement de la Zone de Convergence Antarctique, là où une grande majorité des icebergs ont résidé ces derniers mois. Il y a quelques minutes, nous avons empanné vers le nord, par 45,5 degrés sud, et nous attendons la bascule de vent de 30 degrés, qui nous emmènera vers l'est sur les prochains 1800 milles. Cela devrait nous obliger à rester sur des eaux dont la température est comprise entre 5 et 9 degrés, donc avec des risques de glaces. Mais plus au nord, l'anticyclone est très étalé. Autrement dit, nous devons nous faufiler entre une zone d'icebergs au sud, et une zone de calmes au nord". La bascule de vent attendue par l'équipage de Doha 2006 a bien eu lieu et elle a en effet permis au maxi-catamaran de changer ce cap. Mais cela n'a pas duré très longtemps. Trois heures plus tard, Doha 2006 devait ré-empanner sur tribord amures pour repartir vers le sud.

Comme prévu, la situation météo dans l'océan Indien est assez complexe et le retour vers le nord s'annonce assez difficile pour le leader de l'épreuve. Après avoir été forcés de plonger vers le sud pour contourner l'anticyclone de Sainte-Hélène, Brian Thompson et ses équipiers se retrouvent sous un autre système de hautes pressions, cette fois dans l'océan Indien. La pression barométrique a déjà atteint 1025 hPa et elle devrait continuer de grimper à mesure que l'anticyclone d'étend vers le sud. Pire encore, ce système se déplace également vers l'est, sur une route parallèle à celle du bateau Qatari. Si Brian Thompson choisissait de mettre le cap au nord dès maintenant, il devrait affronter des vents de face sur la côte Est de l'Afrique. "Se battre au près pendant 2000 milles n'est vraiment pas la meilleure solution pour l'instant, confie le skipper de Doha 2006. Nous pourrions affronter un gros coup de vent s'il le fallait, mais ce n'est pas l'idéal pour espérer terminer en un seul morceau".

De l'autre côté de l'Atlantique sud, Tony Bullimore et ses hommes sont aux prises avec une grosse dépression le long des côtes argentines, alors qu'ils tentent de remonter vers le nord pour rejoindre la prochaine marque de parcours, au large de l'Uruguay. La vitesse du bateau a chuté considérablement, tombant jusqu'à 2,1 nœuds cette nuit. L'équipage prend soin de sa monture pour la préserver des vents violents et de la mer agitée, et Tony Bullimore garde à l'esprit le démâtage de Cheyenne qui se trouvait à 65 milles dans le nord de la position actuelle de Daedalus lorsque son équipage a été contraint à l'abandon.

De la part de Tracy Edward et de toute l'équipe de l'Oryx Quest, nous tenons aujourd'hui à féliciter Bruno Peyron et l'équipage d'Orange II pour leur fantastique record autour du monde. Le maxi-catamaran, déjà détenteur du record des 24 heures et du record de la méditerranée, vient de pulvériser le record autour du monde en équipage et sans escales en 50 jours, 16 heures, 20 minutes et 4 secondes, soit 7 jours, 17 heures, 12 minutes, et 41 secondes de mieux que le record de Steve Fossett à bord de Cheyenne il y a moins d'un an. Une performance remarquable et un record extraordinaire qui devrait tenir un certain temps.

 
Lien : http://fr.oryxquest.com
 
       
       
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