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Oryx Quest - Gris sur Gris

[ Vendredi 4 mars 2005, à 8h50 ]
 
Oryx Quest - Gris sur Gris

Cheyenne poursuit sa route dans la Mers du Sud et à bord du catamaran, les cirés des équipiers sont la seule note de couleur dans ce morne paysage. Brouillard, bruine et ciel bas sont à l'ordre du jour. "Notre environnement est plutôt gris, décrit Wouter Verbraak dans son carnet de bord. Le ciel est gris, la mer est grise, les oiseaux sont gris… même la barbe de notre skipper tourne au gris ! Il y a environ une heure, nous avons eu une éclaircie à travers les nuages. C'est un moment tellement rare que Anders a pris des photos. Mais je suis sûr qu'elles seront grises". Cheyenne est le concurrent le plus au sud des trois bateaux toujours en course sur l'Oryx Quest 2005. Au classement de 7h00 GMT ce jeudi matin, le maxi-catamaran américain naviguait par 54 degrés Sud, soit trois degrés de latitude en dessous de Doha 2006 et six degrés plus au sud que Daedalus. Au même moment, Cheyenne affichait également la meilleure vitesse de la flotte avec 20,6 nœuds. Grâce à son option dans le sud, il a pu reprendre 50 milles au bateau Qatari, mais il compte toujours plus de 1000 milles de retard sur le leader.

A bord de Doha 2006, le skipper Brian Thompson se demande toujours jusqu'à quelle vitesse pousser le bateau. L'objectif est de tirer suffisamment sur la machine sans rien casser, en gardant à l'esprit la mésaventure d'un autre bateau qui fait actuellement route vers Sydney, et en veillant à ne pas trop lever le pied pour éviter aux autres concurrents de revenir par derrière. "Les conditions changent en permanence, confie t-il dans son journal de bord. Il faut donc trouver le bon compromis entre faire avancer le bateau assez vite pour gagner, et ne pas trop forcer pour être sûr d'atteindre la ligne d'arrivée. Une partie de la tactique consiste à bien négocier l'état de la mer et les bascules de vent. Il serait très facile de casser le bateau par ici. Pour mener un maxi-catamaran dans le Grand Sud, il faut laisser de côté les polaire de vitesse (vitesses estimées en fonction de la vitesse du vent et de sa direction) et naviguer selon son propre jugement des limites du gréement, des voiles et de la structure du bateau. Au fond, tout est une question de jugement, et l'expérience est le seul vrai guide. Avec de telles vitesses, vous ne pouvez pas sauter sur les vagues les unes après les autres sans aboutir à une sérieuse avarie. Mon travail c'est d'imposer un rythme à suivre, et ce n'est pas toujours simple face à un équipage qui veut aller très vite et naviguer comme on le ferait sur une mer plate. À d'autres occasions, si la mer se calme et que tout va bien, alors je n'hésiterai pas à augmenter la cadence. J'ai retenu un dicton de l'américain Walter Greene, qui court en multicoque et qui m'avait dit : "take the easy miles" (il y a les bons milles et les mauvais milles. Profite des bons milles). C'est ce que nous faisons dès que nous le pouvons, mais pas pour l'instant, pas encore".

Doha 2006 se trouvait ce matin à moins de 1400 milles du Cap Horn. S'il maintient sa vitesse actuelle, il devrait atteindre le cap mythique dans trois jours, bien que les conditions météo soient encore incertaines. Plusieurs dépressions se succèdent et pourraient freiner sa progression, pendant que Cheyenne et Daedalus s'apprêtent à accrocher l'avant d'un front et à revenir sur le leader. Les jours à venir s'annoncent particulièrement intéressants.

 
Lien : http://fr.oryxquest.com
 
       
       
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